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Numéro 690

vendredi 9 janvier

Edito

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Philippe Clément

L’ego-autocrate roi du contre-contre-feu

Il en va de la gouvernance comme du grand banditisme : quand tu veux réaliser le coup du siècle, autant tirer sur les plus grosses ficelles pour passer inaperçu.

Quand il s’agit d’effectuer un braquage, rien n’est plus efficace que d’enfiler une salopette d’entreprise de maintenance, de se pointer devant la société cible avec une fourgonnette et d’embarquer le coffre avec le sourire et un transpalette, prétextant une opération de révision.

C’est tellement gros qu’il y a fort à parier que personne ne vous posera la moindre question.

Quand il s’agit de mettre la main sur les plus grosses réserves de pétrole brut du monde, c’est pareil : il suffit d’enfiler le costume de grand justicier de la planète, d’envoyer la marine, les marines, les hélicos et quelques avions de chasse, et de prétexter vouloir arrêter un dangereux trafiquant de drogue, pourvoyeur d’armes illégales de surcroît, de l’« exfiltrer » manu militari et de déclarer qu’on prend juste le contrôle des opérations en attendant le retour au calme. Tout simplement.

C’est tellement gros qu’il y a fort à parier que pas un des dirigeants du « monde selon Donald » ne mouftera. Hormis quelques farouches défenseurs de la paix dans le monde, comme Poutine ou Xi Jinping, évidemment.

Mais à ce stade, il faut quand même reconnaître le niveau particulier d’excellence atteint par le pape du bêta-carotène en matière d’embrouille. Parce qu’avec son « exfiltration », il est non seulement parvenu à s’adjuger le contrôle de près de 300 milliards de barils de brut, à un ou deux hectolitres près (tout en se débarrassant d’un mec largement aussi despotique et malfaisant que lui), mais, en plus, il a pour un temps réussi à éteindre tous les projecteurs et les caméras jusque-là braqués à fond sur les dossiers Epstein ou sur sa consommation effrénée d’aspirine. Fort. Très fort.

Devant tant d’arrogance éhontée et de sans-gêne, il ne nous reste plus qu’à nous incliner. Et à suggérer à Gianni Infantino d’inventer fissa un prix FIFA de la mauvaise foi triomphante. Au risque que ce dernier se l’autodécerne, évidemment.

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