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Vendredi 12 août 2022

Numéro 542

Numéro 542

Vigousse, le petit satirique romand

Sebastian Dieguez

Sebastian Dieguez

Edito

Le désespoir de l’énergie

Clic ! Et voilà, c’est allumé ! C’est dingue quand même, une simple pression du doigt sur l’interrupteur, et la lumière est. Nous sommes des espèces de dieux, en fait ! Sauf qu’un processus aussi simple n’a en réalité pas grand-chose à voir avec la magie ou de quelconques pouvoirs démiurgiques.

Prenons le truc dès le début. Votre système visuel vous informe qu’un nombre insuffisant de photons vient frapper votre rétine : on n’y voit que dalle. Rien que ça, c’est déjà toute une affaire : la nature a passé des plombes à constituer des récepteurs adéquats susceptibles d’interpréter les particules de lumière de façon utile. Beaucoup de créatures ont péri faute d’y voir aussi clair que d’autres, ce qui est un gâchis qu’on peine à imaginer, même avec la partie du cerveau qui sert à imaginer les gâchis, que la nature a passé encore plus des plombes à fabriquer. Ça fait déjà beaucoup d’énergie dépensée au fil du temps, juste pour nous permettre de réaliser qu’il fait noir. Ce stade ayant été atteint, il reste néanmoins au système visuel à informer le système moteur qu’il lui faut orienter un de vos doigts au bon endroit afin d’y exercer une modeste pression qui permette d’illuminer le salon. Il s’agit donc d’un geste  qui demande, mine de rien, du carburant pour être effectué. Il semble, en effet, que faute d’énergie, les choses rechignent à bouger, y compris les doigts : pas de glucides, de protéines et d’acides gras, pas de lumière.


Et puis d’où sort cette ampoule, d’ailleurs ? Ben du gars qui a inventé l’ampoule (heureusement contemporain de celui qui a inventé l’interrupteur) : il a fallu le nourrir, l’éduquer, le transporter, etc. Grosse dépense d’énergie ! Mais ça a au moins servi à quelque chose : on a la lumière au salon.

Enfin, pour le moment. Il paraît qu’on se dirige vers un avenir sombre. On aurait dépensé trop d’énergie à produire de l’énergie pour dépenser de l’énergie. A force, il n’y en a plus assez, et on va devoir économiser. Pfff, encore du boulot !


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