
Stéphane Babey
Edito
L’argent qu’on nous vole
C’est la mort dans l’âme que Karin Keller-Sutter a annoncé le 18 février que les comptes de la Confédération étaient excellents : un milliard de plus dans les caisses que ce qui était prévu, et le déficit budgété qui se transforme en bénéfice.
Pourquoi notre grande argentière tire-t-elle alors la gueule ? Parce que le budget dans le rouge lui a permis de justifier tout un train de mesures d’économies touchant notamment au social. Et que la gauche exige maintenant la suppression de certaines coupes.
Ça fait des années que cette séquence se répète. Mettons-la en rapport avec d’autres faits. Les failles dans le bouclier fiscal vaudois qui auraient fait perdre 500 millions au canton. Toutes les votations de ces dernières années en Suisse qui ont systématiquement accordé des baisses d’impôts aux plus riches, comme le rappelait le conseiller national Samuel Bendahan (PS/VD) sur le plateau d’Infrarouge (18.2).
En France, 13 000 millionnaires ne paient pas d’impôt sur le revenu, selon un dossier que le gouvernement a tenté de cacher (Libération, 18.2). Au cours de ses deux mandats, Macron a offert aux entreprises et aux riches 270 milliards de cadeaux fiscaux (Le Nouvel Obs, 10.9.25).
Aux USA, Trump, qui n’a quasiment jamais payé d’impôts de sa vie, n’a de cesse d’offrir des avantages fiscaux à ses amis milliardaires, tandis qu’il détruit toutes les aides publiques aux plus démunis. Partout dans le monde, les plus fortunés se délient de leurs devoirs envers la collectivité, alors que le reste de la société crève à petit feu.
Ce à quoi nous sommes en train d’assister, avec la prise de pouvoir des milliardaires un peu partout, c’est une guerre des riches contre les pauvres. Les élites financières investissent des sommes colossales dans l’influence de l’opinion publique pour pousser les classes les plus modestes à voter contre leurs intérêts. Et pour faire oublier que leur pactole est de l’argent volé aux citoyens du monde entier.
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