
Laurent Flutsch
Edito
Lutte des classes
Trente élèves ou davantage par classe, des profs misérablement payés, des horaires absurdes. Des enseignants absents pas remplacés, des branches pas au programme pendant des semaines ou des mois. Des conseillers d’orientation trop rares et du personnel social manquant. Des bâtiments délabrés, des salles mal équipées, glaciales en hiver et surchauffées sous la canicule, pile au moment des examens du certificat d’étuves.
Ensuite, une plateforme numérique d’accès aux filières supérieures (le fameux Parcoursup) : une machine de tri déshumanisée, compliquée, stressante, opaque, laissant en attente quantité de candidats, farcie de biais sournois qui perpétuent les inégalités sociales, un vrai Kafka d’école.
Au-delà, la perspective angoissante d’un monde en plein chaos, le retour de la peste brune et de l’impérialisme, le spectre guerrier, le désastre climatique, les maladies chimiques, l’emprise des technomilliardaires et de l’IA, le fossé toujours plus abyssal entre nantis et fauchés…
Pas étonnant que ça pète.
Largement responsable de la débâcle scolaire, le Gouvernement macroniste réagit de la matraque au tac. Bavures et débordements. Des casseurs s’infiltrent, comme toujours. Très marginales, les scènes violentes occupent tout l’espace médiatique, qui les montre en boucle et orchestre le cirque politicard. Sautant sur l’aubaine, la droite accuse la France insoumise d’organiser l’apocalypse. Si elle marche à l’énergie scolaire, la France insoumise répète pourtant qu’il faut revendiquer sans violence, mais qu’importe : les réacs s’acharnent contre elle. Et parfois, si on a encore un peu de temps d’antenne, on évoque le fond du problème des jeunes, en passant.
La révolte perdure. Acculé, le pouvoir se décide enfin à écouter un peu. Ruiné à force de libéralisme et de cadeaux aux plus riches, il promet du vent. Le désarroi de la jeunesse, ses aspirations profondes, ses rêves d’avenir ? Réponse des autorités et de l’ultradroite : maintien de l’ordre. Sous les pavés, la schlague.
Nos hors-séries
Chaque année au mois de décembre, Vigousse publie un numéro hors-série thématique. Intitulé pompeusement Vigousse International, ce supplément grand format aborde des sujets essentiels comme la neige, la religion ou la pandémie avec l’ambition d’en dire le moins de choses sérieuses qu’il est possible.





















